Miles Davis et la Côte d’Azur — Épisode 1/6

Avec la série « Miles Davis et la Côte d’Azur », Riviera Jazz Club retrace près de trente années de concerts, de la Pinède Gould aux Arènes de Cimiez. Premier épisode : les trois soirées de juillet 1963 à Juan-les-Pins, parmi les grands témoignages enregistrés de la naissance d’un nouveau quintette.

Les 26, 27 et 28 juillet 1963, Miles Davis se produit au Festival mondial du jazz d’Antibes Juan-les-Pins avec George Coleman au saxophone ténor, Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la contrebasse et Tony Williams à la batterie.

Le groupe est encore récent. Herbie Hancock vient d’avoir 23 ans et Tony Williams n’en a que 17. Autour de Miles, une nouvelle génération invente une manière plus libre et plus mobile de faire vivre le quintette.

Wayne Shorter ne rejoindra la formation que l’année suivante. Le célèbre second grand quintette de Miles Davis n’est donc pas encore complètement réuni. Pourtant, ses fondations sont déjà présentes à Juan-les-Pins : une interaction permanente, un rythme qui peut se déplacer à tout moment et des musiciens qui ne se contentent plus d’accompagner les solistes.

À la Pinède, le groupe interprète notamment So What, All Blues, Walkin’, Milestones, Joshua, Seven Steps to Heaven et Stella by Starlight.

Ces morceaux ne sont jamais traités comme des œuvres figées. Les tempos sont bousculés, les mélodies parfois simplement esquissées et les rôles traditionnels profondément transformés. Ron Carter et Tony Williams provoquent autant qu’ils soutiennent, tandis que Herbie Hancock ouvre de nouveaux espaces harmoniques.

Le concert du 27 juillet paraît dès 1964 sous le titre Miles Davis in Europe. Pendant plusieurs décennies, cet album restera le principal témoignage officiel de ces journées.

En 2024, la publication du coffret Miles in France 1963 & 1964 permet enfin de découvrir l’ensemble des trois concerts donnés à Juan-les-Pins.

Ces archives replacent la Pinède au cœur de l’histoire discographique de Miles Davis. Elles permettent surtout d’entendre un groupe en pleine construction, avant même que sa formation définitive ne soit réunie.

Juan-les-Pins n’a donc pas seulement accueilli un grand concert. Pendant trois nuits, le festival a enregistré l’émergence d’une musique qui allait profondément renouveler le jazz des années 1960.

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