Il y a des rencontres qui dépassent le cadre d’une simple interview. Celle avec Jocelyne Béroard, à l’occasion du passage de Kassav’ aux Nuits du Sud, en fait partie.
Flamboyante, lumineuse et profondément humaine, l’artiste raconte une aventure qui a bouleversé l’histoire de la musique. Avec Kassav’, le zouk a quitté les Antilles pour parcourir le monde, remplir des salles immenses et faire danser plusieurs générations, sans jamais renoncer à son identité.
Mais derrière la fête, les cuivres, les rythmes et cette énergie immédiatement reconnaissable, il y a aussi l’écriture. Des mots choisis pour raconter l’amour, la mémoire, les blessures, la dignité et la capacité à tenir debout. Chez Jocelyne Béroard, la musique n’efface pas les épreuves : elle les transforme.
Elle parle de Kassav’ comme d’une histoire collective, faite d’audace, de travail et de fidélité. Une famille musicale devenue patrimoine, malgré les absences et les disparitions. Continuer, dès lors, n’est pas seulement remonter sur scène. C’est transmettre, faire vivre une œuvre et préserver le lien immense construit avec le public.
Jocelyne Béroard raconte également combien la musique de Kassav’ fascinait Miles Davis. Véritable fan du groupe, le trompettiste échangeait souvent à ce sujet avec Marcus Miller. Une admiration qui aurait notamment nourri la création d’Amandla, l’album de Miles Davis sorti en 1989, dont certains grooves portent l’empreinte du zouk de Kassav’. Une influence saisissante, qui rappelle que le groupe antillais n’a pas seulement fait danser le monde : il a aussi inspiré les plus grands musiciens.
Jocelyne Béroard ne chante pas seulement le zouk. Elle en incarne l’élégance, la puissance et la résilience.
Une rencontre rare, quelques heures avant que Kassav’ ne fasse à nouveau vibrer les Nuits du Sud.

