Bien avant les grandes scènes d’Antibes Juan-les-Pins, de Nice ou de Monaco, le jazz circulait déjà sur la Riviera. Dès la fin des années 1910, les palaces, casinos et dancings de la Côte d’Azur accueillaient les premières formations venues jouer cette musique nouvelle, encore liée à la danse, aux saisons mondaines et aux nuits cosmopolites.
On associe souvent l’histoire du jazz azuréen aux grands festivals, aux affiches prestigieuses et aux concerts mythiques donnés face à la Méditerranée. Pourtant, le jazz était déjà présent sur la Côte d’Azur bien avant l’apparition de ces rendez-vous devenus emblématiques.
Dès 1919, Nice accueille plusieurs formations dans ses lieux de divertissement. Les documents d’archives mentionnent notamment le Bing Boys Jazz Band, le Margouliès Orchestre, le Savoy Gordon Stretton Jazz Band, le Rhinall Jazz Band ou encore le Famous Jazz de Fernando et David. Ces noms racontent une période pionnière, encore proche des orchestres de danse, des brass bands et des saisons d’hiver organisées dans les grands établissements de la Riviera.
Dans les années 1920, le mouvement s’amplifie. La Côte d’Azur attire des musiciens français, anglais, américains, belges, italiens ou russes. Nice, Cannes, Monte-Carlo, Menton ou Beaulieu deviennent des points de passage réguliers pour les orchestres de jazz, de swing naissant et de musique de danse. Le Novelty Jazz Band, le Billy Trittle Orchestra, Léo Poll, les Harmony Six, le Blue Star Orchestra ou encore le Monaco Club Orchestra font partie de cette première cartographie musicale.
À cette époque, les clubs de jazz au sens moderne n’existent pas encore vraiment sur la Riviera. Les scènes sont ailleurs : dans les casinos, les palaces, les cafés, les hôtels et les dancings. Ce sont ces lieux qui permettent au jazz de s’installer, de circuler et de toucher un public international. La Côte d’Azur devient alors un territoire d’accueil privilégié, porté par son élégance, son tourisme mondain et son ouverture sur l’Europe et les États-Unis.
Cette histoire rappelle une chose essentielle : le jazz sur la Côte d’Azur ne commence pas avec les festivals. Il s’enracine bien avant, dans les nuits de Nice, les salons de Monte-Carlo, les dancings de Cannes et les saisons d’hiver des palaces. Avant d’être une grande affiche, le jazz azuréen fut d’abord une musique vivante, mouvante, jouée par des orchestres de passage et des musiciens venus chercher sur la Riviera un public, une scène et une atmosphère.
C’est cette mémoire que Riviera Jazz Club souhaite remettre en lumière : celle d’un territoire où le jazz résonne depuis plus d’un siècle.

