Miles Davis et la Côte d’Azur — Épisode 2/6
Avec la série « Miles Davis et la Côte d’Azur », Riviera Jazz Club retrace près de trente années de concerts, de la Pinède Gould aux Arènes de Cimiez. Deuxième épisode : les soirées des 25 et 26 juillet 1969, entre les derniers feux du quintette acoustique et la révolution de Bitches Brew.
Six ans après ses concerts de 1963, Miles Davis revient à Juan-les-Pins avec un groupe entièrement renouvelé.
Wayne Shorter est au saxophone ténor, Chick Corea au piano électrique, Dave Holland à la contrebasse et Jack DeJohnette à la batterie.
Cette formation sera plus tard surnommée le « Lost Quintet », le quintette perdu, parce qu’elle n’a jamais enregistré d’album en studio dans cette configuration exacte. Les concerts conservés de cette période constituent donc des documents essentiels.
À Juan-les-Pins, Miles Davis se situe entre deux mondes.
In a Silent Way doit paraître quelques jours plus tard. Les séances de Bitches Brew auront lieu à New York au mois d’août. Sur la scène de la Pinède, la transition est déjà perceptible.
Le groupe joue encore Milestones, Footprints, ’Round Midnight ou Nefertiti. Mais une autre musique apparaît à travers Directions, It’s About That Time, Spanish Key, Sanctuary et Miles Runs the Voodoo Down.
Certaines de ces compositions sont ainsi présentées au public avant même leur enregistrement pour Bitches Brew.
Le piano électrique de Chick Corea transforme les couleurs du groupe. Jack DeJohnette apporte une puissance rythmique considérable, tandis que Dave Holland et Wayne Shorter contribuent à effacer les frontières entre les thèmes, les solos et l’accompagnement.
Les morceaux s’enchaînent presque sans interruption. Miles dirige par quelques notes, des silences, des regards et de brusques changements d’intensité.
Les deux concerts sont enregistrés et diffusés par l’ORTF. Les images conservées dans les archives de l’INA permettent encore aujourd’hui d’observer ce quintette au travail. Les performances seront ensuite publiées dans le coffret Live in Europe 1969: The Bootleg Series Vol. 2.
La Pinède possède ainsi l’un des rares témoignages complets de cette formation de transition.
En juillet 1969, le public de Juan-les-Pins n’assiste pas seulement à un concert de Miles Davis. Il entend sa musique quitter progressivement le monde acoustique pour entrer dans un territoire nouveau, entre jazz, rock, funk et électricité.

