Miles Davis et la Côte d’Azur — Épisode 4/6
Avec la série « Miles Davis et la Côte d’Azur », Riviera Jazz Club retrace près de trente années de concerts, de la Pinède Gould aux Arènes de Cimiez. Quatrième épisode : le retour de Miles Davis à Juan-les-Pins, le 20 juillet 1984.
Après plusieurs années d’épuisement physique et de retrait de la scène, Miles Davis reprend progressivement son activité au début des années 1980.
Mais il ne revient pas pour retrouver le son de ses anciennes formations.
À Juan-les-Pins, il se présente avec Bob Berg aux saxophones, John Scofield à la guitare, Robert Irving III aux claviers, Darryl Jones à la basse, Al Foster à la batterie et Steve Thornton aux percussions.
Le groupe est pleinement ancré dans son époque. Les synthétiseurs, la basse électrique et la guitare participent à la construction d’un son nourri de funk, de pop et de nouvelles technologies.
Le concert comprend notamment Speak, Star People, What It Is, Something’s on Your Mind, Hopscotch, Jean-Pierre et Time After Time.
La présence de Time After Time, chanson popularisée par Cyndi Lauper, résume une part essentielle de la démarche de Miles Davis. Il ne s’intéresse pas à une composition en fonction de son appartenance à la pop ou au jazz. Il cherche une mélodie qu’il pourra ralentir, espacer et transformer jusqu’à ce qu’elle devienne la sienne.
Sa trompette contraste avec la densité électrique du groupe. Quelques notes suffisent parfois à installer une tension ou à déplacer l’émotion.
John Scofield apporte une guitare anguleuse et immédiatement reconnaissable. Darryl Jones donne à l’ensemble une assise souple et puissante, tandis que Bob Berg répond à la trompette avec une énergie plus expansive.
Ce Miles Davis des années 1980 a parfois été jugé à travers la nostalgie de ses périodes précédentes. Pourtant, son retour reste fidèle à la logique de toute sa carrière : écouter les sons du présent, s’entourer de jeunes musiciens et refuser de reproduire une formule déjà consacrée.
Le concert de 1984 referme le grand chapitre de Juan-les-Pins. Dès l’été suivant, son histoire azuréenne se poursuit principalement à Nice, dans le cadre de la Grande Parade du Jazz.
Une fois encore, Miles Davis quitte une scène de la Côte d’Azur en ayant montré non pas ce qu’il avait été, mais ce qu’il avait décidé de devenir.

