Dans les années 1950, la Côte d’Azur entre dans une nouvelle époque du jazz. Les orchestres de danse et les saisons de casino demeurent présents, mais le paysage musical se transforme. Le bebop, les jam sessions, les clubs et les grandes personnalités internationales prennent une place de plus en plus visible.
La chronologie des formations présentes sur la Côte d’Azur signale la présence de Sidney Bechet entre 1951 et 1958, notamment au Vieux-Colombier de Juan-les-Pins, mais aussi en tournée hivernale sur la Côte. Le clarinettiste et saxophoniste, déjà profondément lié à la France, trouve sur la Riviera un territoire d’accueil régulier. Son nom résume à lui seul une époque où la Côte d’Azur devient une scène de prestige, mais aussi un lieu de vie musicale.
Autour de lui, les noms sont nombreux. Aimé Barelli se produit régulièrement à Monte-Carlo. Jean Tosán anime des jam sessions bebop au Hot Club de Cannes et dans plusieurs clubs de la région. Stéphane Grappelli est présent au Club d’Angleterre à Nice. Lionel Hampton donne plusieurs concerts sur la Côte au milieu des années 1950. Don Byas apparaît à Saint-Tropez, Benny Goodman au Sporting, Ella Fitzgerald à la Pinède de Juan-les-Pins en 1957, Sarah Vaughan à Monte-Carlo en 1958, tout comme Sister Rosetta Tharpe, Hazel Scott ou encore Barney Wilen, jeune saxophoniste déjà remarqué.
Ce qui frappe dans cette décennie, c’est la diversité des esthétiques. La Côte d’Azur accueille le swing, le jazz vocal, les orchestres de danse, le bebop, les musiciens américains de passage et les jeunes talents français. La région ne se contente pas de recevoir les stars : elle abrite aussi des réseaux de musiciens, des clubs, des soirées, des résidences, des jam sessions.
À partir des années 1950, l’histoire du jazz azuréen se rapproche de celle que l’on connaît aujourd’hui : une scène internationale, ouverte, élégante, mais aussi profondément vivante localement. La Côte d’Azur devient un territoire où l’on vient jouer, écouter, apprendre, danser et parfois rester.

