Miles Davis et la Côte d’Azur — Épisode 5/6
Avec la série « Miles Davis et la Côte d’Azur », Riviera Jazz Club retrace près de trente années de concerts, de la Pinède Gould aux Arènes de Cimiez. Cinquième épisode : la fidélité de Miles Davis à la Grande Parade du Jazz et la véritable place de George Wein dans cette histoire.
George Wein est parfois présenté comme le manager de Miles Davis. Cette formulation n’est pas exacte.
Pianiste, producteur, programmateur et impresario, Wein fonde le Newport Jazz Festival en 1954 et contribue à imposer le modèle du grand festival de jazz moderne.
Sa relation professionnelle avec Miles Davis remonte notamment au Newport Jazz Festival de 1955. L’interprétation de ’Round Midnight donnée par Miles à cette occasion participe à son retour au premier plan, peu avant sa signature chez Columbia Records.
George Wein n’est donc pas son représentant personnel. Il est l’un des grands producteurs et programmateurs qui accompagnent régulièrement son parcours.
À Nice, Wein joue un rôle central dans le développement de la Grande Parade du Jazz, installée à partir de 1974 dans les jardins et les Arènes de Cimiez.
Plusieurs scènes fonctionnent simultanément au milieu des oliviers et des vestiges romains. Les générations et les esthétiques s’y croisent dans une atmosphère de fête populaire. Miles Davis devient l’une des figures emblématiques de cette période.
Après son retour à Juan-les-Pins en 1984, il se produit à Nice dès l’été suivant et revient régulièrement à Cimiez jusqu’en 1991.
Les formations évoluent presque chaque année. Autour de lui apparaissent notamment Bob Berg, John Scofield, Darryl Jones, Robben Ford, Robert Irving III, Adam Holzman et Kenny Garrett.
Le répertoire change lui aussi. Miles interprète désormais Human Nature, Time After Time, Tutu, Portia, Splatch, Perfect Way, Hannibal ou Carnival Time.
Une partie importante de son concert niçois de juillet 1986 a rejoint sa discographie officielle dans le coffret The Last Word – The Warner Bros. Years. On y retrouve notamment New Blues, The Maze, Human Nature, Portia, Splatch, Time After Time et Carnival Time.
Ces enregistrements donnent à Nice une place qui dépasse largement celle d’une simple étape de tournée.
Cimiez devient l’un des lieux où l’on peut suivre l’évolution du dernier Miles Davis : son rapport aux synthétiseurs, aux rythmes funk, aux compositions de Marcus Miller et à une nouvelle génération de musiciens.
George Wein ne fut donc pas le manager de Miles Davis. Il fut l’un des grands artisans du circuit international dans lequel sa musique put continuer à se transformer, de Newport à Nice.
La Grande Parade n’accueillait pas seulement une légende. Elle accompagnait un artiste encore en mouvement.

