Miles Davis et la Côte d’Azur — Épisode 6/6
Avec la série « Miles Davis et la Côte d’Azur », Riviera Jazz Club retrace près de trente années de concerts, de la Pinède Gould aux Arènes de Cimiez. Dernier épisode : les concerts des 16 et 17 juillet 1991 à Nice, quelques semaines avant la disparition de Miles Davis.
Miles Davis retrouve les jardins des Arènes de Cimiez pour deux nouvelles soirées.
Il est alors accompagné de Kenny Garrett au saxophone alto et à la flûte, Deron Johnson aux claviers, Joe « Foley » McCreary à la basse lead, Richard Patterson à la basse et Ricky Wellman à la batterie.
Kenny Garrett est devenu l’une des voix essentielles de cette dernière période. Son alto, puissant et lyrique, offre un contrepoint particulièrement expressif à la trompette de Miles.
Le groupe appartient pleinement à son époque. Les synthétiseurs, les basses électriques et les rythmes funk structurent une musique très éloignée de celle que le public de la Pinède avait découverte en 1963.
Pourtant, la signature de Miles reste immédiatement reconnaissable.
Son jeu est parfois plus fragile et plus rare, mais il conserve ce sens incomparable de l’espace. Une note tenue, une attaque voilée ou une simple phrase mélodique suffisent à imposer sa présence au milieu d’un groupe au son plus dense.
Le concert du 17 juillet, conservé et publié par la suite, comprend Perfect Way, New Blues, Hannibal, Human Nature, Time After Time et Wrinkle.
Miles continue ainsi de mêler ses propres thèmes à des chansons venues de la pop, sans établir de hiérarchie entre les genres. Seule compte pour lui la possibilité de transformer la musique et d’y inscrire le son de sa trompette.
Ces soirées de Cimiez ne sont pas ses dernières apparitions sur scène. Après Nice, il poursuit encore sa tournée en Europe puis aux États-Unis.
Mais les concerts des 16 et 17 juillet appartiennent incontestablement aux dernières semaines de sa vie scénique. Miles Davis meurt le 28 septembre 1991.
L’histoire azuréenne se referme avec une force particulière.
En 1963, Juan-les-Pins avait accueilli un quintette en pleine construction, avec Herbie Hancock, Ron Carter et un Tony Williams âgé de seulement 17 ans.
En 1991, Nice retrouve un Miles Davis physiquement diminué, mais toujours tourné vers les sons de son temps et entouré de musiciens plus jeunes.
Entre ces deux dates, la Côte d’Azur aura vu passer le quintette acoustique, le « Lost Quintet », la révolution électrique, le retour des années 1980 et les dernières formations funk de Miles.
Pendant près de trente ans, Miles Davis n’est jamais venu sur la Côte d’Azur pour entretenir le souvenir de ce qu’il avait été.
Il y est venu, chaque fois, pour faire entendre la suite.

