Une présence immédiatement reconnaissable
Une voix légèrement voilée, des lunettes sombres, une connaissance encyclopédique des musiciens et une manière bien à lui de transformer chaque conversation en récit : Gilbert d’Alto était devenu une figure familière des nuits culturelles niçoises.
Né à Cannes en 1954, il avait fait du jazz son territoire. Non pas un territoire abstrait ou réservé aux spécialistes, mais une géographie très concrète faite de clubs, de festivals, de studios de radio, de comptoirs et de rencontres prolongées jusqu’au bout de la nuit.
Le jazz à la radio et dans la presse
Gilbert d’Alto avait exercé plusieurs métiers : libraire, journaliste, animateur de radio, programmateur, musicien amateur, comédien et poète. Cette diversité racontait moins une dispersion qu’une curiosité sans limites.
Sur Agora Côte d’Azur, il anima La Boîte de jazz. Dans la presse, il collabora notamment à La Strada et au Jazzophone. Il couvrit pendant plusieurs décennies les festivals de Nice et de Juan-les-Pins, mais aussi la vie quotidienne des clubs et des musiciens de la région.
Gilbert ne s’intéressait pas uniquement aux artistes consacrés. Il savait écouter les formations locales, défendre une jeune voix, reconnaître un musicien de l’ombre ou consacrer une chronique à un concert entendu devant quelques dizaines de personnes.
Écrire l’histoire de Nice Jazz
En 2018, Gilbert d’Alto cosigna avec Daniel Chauvet et Frédérica Randrianome-Karsenty l’ouvrage Nice Jazz, histoire d’un festival, publié aux Éditions Gilletta.
Ce travail réunissait des décennies de souvenirs, de recherches, de témoignages et d’archives. Il avait eu la tâche de raconter les artistes du territoire qu’il connaissait intimement.
Un personnage de jazz
Gilbert d’Alto avait quelque chose des personnages de la littérature américaine qu’il aimait tant. Il pouvait être brillant, excessif, tendre, drôle ou volontiers contradictoire. Mais sa fidélité à la musique ne fut jamais mise en défaut.
Ses articles constituent désormais des archives de la vie musicale azuréenne. Sa voix, elle aussi, appartient à cette histoire. Gilbert d’Alto ne s’est pas contenté de commenter le jazz : il en a adopté le rythme, les détours, les nuits et la liberté.