L’histoire du jazz à Nice ne se limite pas aux salles et aux festivals. Dans les années 1970, la ville développe une dimension populaire et urbaine avec la Grande Parade de Nice, dont les programmes recensés entre 1974 et 1985 témoignent d’une densité exceptionnelle.
Les affiches réunissent des noms majeurs : Jimmy McPartland, Kenny Davern, Arvell Shaw, Cozy Cole, Benny Morton, Earl Hines, Buddy Tate, Jo Jones, Milt Buckner, Maxim Saury, Michel Attenoux, Marcel Zanini, Moustache, Irakli, Clark Terry, Zoot Sims, Chet Baker, Doc Cheatham, Claude Luter, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Helen Humes, Bill Evans, Guy Lafitte, Hank Jones, Stan Getz, Count Basie, Archie Shepp, Sarah Vaughan, Dexter Gordon, Herbie Hancock, Chuck Berry, Muddy Waters, Art Pepper, B. B. King, Miles Davis, Joe Williams, Sonny Rollins, Lee Ritenour, Ray Vaughan, Dizzy Gillespie ou encore Fats Domino.
Cette profusion dit beaucoup de l’ambition niçoise. Nice ne voulait pas seulement programmer du jazz : elle voulait faire vivre la musique dans toute la ville. La Grande Parade associait concerts, fanfares, orchestres, formations traditionnelles, blues, swing, jazz moderne et grandes figures internationales. C’était une manière de faire descendre le jazz dans l’espace public, de le rendre visible, populaire, festif et accessible.
Cette tradition est essentielle pour comprendre l’identité jazz de Nice. La ville n’a jamais été seulement un lieu de passage pour les musiciens. Elle a été un terrain d’expérimentation, un décor de festival, un espace de déambulation et un carrefour entre jazz savant, jazz populaire, blues, fanfares et musiques de rue.
Aujourd’hui, cette mémoire résonne encore. Elle rappelle que la Côte d’Azur possède un héritage jazz unique, fait de grandes scènes mais aussi de rues, de places, de parades et d’un public nombreux. Pour Riviera Jazz Club, raconter cette histoire, c’est aussi rappeler que le jazz appartient au territoire autant qu’aux salles de concert.

