Un homme de transmission
Certaines personnalités traversent la vie culturelle sans chercher à occuper le premier plan, mais deviennent pourtant indispensables à sa mémoire. Jean-Pierre Lamouroux appartenait à cette famille de témoins, d’artistes et de journalistes pour lesquels écouter, regarder et transmettre relevaient d’un même engagement.
Les lecteurs des débuts de Riviera Jazz Club et du Jazzophone connaissaient sa plume. Les musiciens, les photographes et les habitués des festivals connaissaient aussi sa silhouette, sa curiosité intacte et cette attention particulière qu’il accordait aux artistes. Il n’écrivait pas seulement sur les concerts : il cherchait à en préserver le climat, les gestes, les silences et les visages.
De la télévision à la Riviera
Avant de s’installer sur les rivages méditerranéens, Jean-Pierre Lamouroux avait connu une autre époque de l’information. Journaliste de télévision à Paris, il avait travaillé dans l’univers de l’ORTF puis de France 3. Cette expérience avait façonné son regard : il savait ce que signifiait documenter une époque, conserver une image et résister à la disparition des traces.
Lorsqu’il parlait de musique, cette histoire demeurait présente. Derrière chaque artiste, il cherchait toujours l’être humain.
Le jazz comme territoire de liberté
Installé à Antibes, Jean-Pierre Lamouroux trouva sur la Côte d’Azur un territoire correspondant à ses passions. Le jazz y formait un paysage à part entière, depuis les clubs confidentiels jusqu’aux scènes de Nice et de Juan-les-Pins.
Il suivait les concerts, rencontrait les musiciens, écrivait et conservait les documents. Son activité ne se limitait pas au journalisme : musicien, sculpteur, plongeur et créateur, il semblait refuser les frontières entre les disciplines. Son rapport au jazz procédait de la même liberté : une curiosité permanente, une écoute du monde et le désir de comprendre ce qui relie les êtres.
Une mémoire qui demeure
À travers ses chroniques, ses souvenirs et les archives qu’il a contribué à préserver, Jean-Pierre Lamouroux laisse une matière précieuse pour l’histoire culturelle de la Riviera.
Son parcours rappelle que la mémoire du jazz ne repose pas seulement sur les grandes affiches ou sur le nom des vedettes. Elle dépend également de celles et ceux qui se tiennent au bord de la scène, observent attentivement, interrogent, enregistrent et écrivent. Jean-Pierre Lamouroux fut l’un de ces veilleurs.